LES LEÇONS D’UNE INITIATIVE DE RESEAU EUROPEEN DE RECHERCHE EN PALEOCEANOGRAPHIE DES DOMAINES ARCTIQUES& SUBARCTIQUES

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LES LEÇONS D’UNE INITIATIVE DE RESEAU EUROPEEN DE RECHERCHE EN PALEOCEANOGRAPHIE DES DOMAINES ARCTIQUES& SUBARCTIQUES

Message  Frédérique Rémy le Mar 9 Avr - 7:57

LES LEÇONS D’UNE INITIATIVE DE RESEAU EUROPEEN DE RECHERCHE EN PALEOCEANOGRAPHIE DES DOMAINES ARCTIQUES& SUBARCTIQUES
Posté par J. Giraudeau et F. Eynaud

Le changement climatique actuel et son amplification dans les domaines arctiques et subarctiques, constituent-ils un évènement unique à l’échelle du passé récent de la terre (derniers 10 000 ans) ? Comment s’inscrit la variabilité hydrologique naturelle rapide d’ordre séculaire à décennal, telle qu’identifiée dans les sédiments marins et les glaces du Groenland, dans le contexte de la modulation actuelle du climat par l’activité humaine ? Cette variabilité naturelle récente a t-elle affecté la structure et la diversité de l’écosystème planctonique des mers Nordiques hors contexte anthropique? Dans l’affirmative, comment se combinent les dynamiques des différents éléments physiques (e.g., glace de mer, température et stratification des eaux…) quiagissent sur cet écosystème ?
Telles sont les questions essentielles ayant motivé la mise en place d’un projet européen (FP7 ITN « CASE : the Changing Arctic and Subarctic Environment” – http://caseitn.epoc.u-bordeaux1.fr) coordonné depuis avril 2010 par l’UMR EPOC. A un an de la fin de ce programme, un premier bilan peut-être tiré, permettant d’ alimenter la prospective « chantier arctique » par des éléments concrets sur la stratégie et les questions clés des recherches en paléocéanographie/paléoclimatologie arctique. Nous n’aborderons ici que les aspects stratégiques, un deuxième post proposera quelques sujets scientifiques d’intérêt pour la communauté des paléocéanographes/paléoclimatologues.

- Uneinitiative française en arctique est indissociable d’un cadre collaboratif fort avec les partenaires étrangers historiques de cette région (mers Nordiques inclues), au premier rang desquels le Canada, la Norvège, l’Allemagne, le Danemark, et la Russie. La communauté des paléocéanographes français ne dispose en effet ni d’une force de frappe importante du point de vue des chercheurs impliqués, ni des moyens adhoc (en premier lieu desquels navires adaptés) pour conduire de façon autonome des projets de recherche aux très hautes latitudes. Outre incitatif pour la création de réseaux extra nationaux, le futur « chantier arctique » doit pouvoir ainsi directement contribuer à l’effort financier mis en œuvre par ces partenaires étrangers.
- Même si les questionnements/verrous scientifiques propres aux recherches en paléocéanographie peuvent être clairement exprimées, les actions mises en œuvre dans le cadre du futur « chantier arctique »doivent également reposer sur des interactions fortes avec les autres communautés des sciences marines et du climat (biologistes, océanographes physiciens, sédimentologues, (bio)-géochimistes, modélisateurs du climat, glaciologues,...). Cet impératif découle d’une logique scientifique ( développement/validation de traceurs - proxies- paléocéanographiques sur unebase actualistes, reconstitutions paléoenvironnementales à des échelles de temps où observations et paleo-observations peuvent se croiser-subdécennales à séculaires-, comparaison d’analogues modernes et passés, e.g. anomalie chaudes de l’Holocène et du Pléistocène-. ..).Ce même impératif de rapprochement des communautés relève bien sur également d’une logique de moyen pour etvia la réalisation d’opérations de terrain (e.g. campagnes océanographiques) fédérantocéanographes et paléo-océanographes.
- Certaines actions du chantier arctique (thématique « Climat » et « Géodynamique ») devront bénéficier et s’inscrire dans le cadre des initiatives IODP en cours d’examen dont 8relèvent de l’Océan Arctique (Arctique NW et Fram Strait essentiellement, http://www.iodp.org/700- échellesdu Paléogène auPléistocène terminal). La communauté française, à ce jour peu ou pas impliquée dans ces propositions, a tout intérêt à faire preuve de réactivité pour participer formellement à ces projets et à leur valorisation scientifique.
- le périmètre géographique du chantier Arctique doit absolument comprendre les mers Nordiques, en particulier Mer du Groenland, Mer de Norvège, et Mer de Barents, sièges de processus clés dans l’étude des paléoclimats et des paléocirculations océaniques (notamment lors des extrema glaciaires récents, et des oscillations climatiques holocènes), en relation directe avec l’évolution du climat et de la banquise arctique (dynamique du flux méridien d’eaux atlantiques, (paléo)extension de la glace de mer saisonnière, convection d’eaux profondes, etc...). Outre une facilité d’accès pour des campagnes hauturières, les marges et domaines côtiers (dont fjords) de ces régions autorisent également, du fait de taux de sédimentation localement importants, des reconstitutions paléocéanographiques et paléoclimatiques à très haute résolution temporelle (échelles sub-décennales à séculaires).

Frédérique Rémy

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Date d'inscription : 05/03/2013

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